Remacle Le Loup, Le château de Hermal, gravure, 1735 – détail.
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Tourisme




Hermalle-sous-Huy est mondialement connu des amateurs d'art par sa Madone, la Sedes sapientiae de Hermalle-sous-Huy (vers 1070), conservée aux Musées royaux d'Art et d'Histoire du Cinquantenaire (Bruxelles) et qui a inspiré le graphiste Dany Visentin pour notre logo.

Historique :

Cliquer sur la page Histoire dans le menu de gauche.

Au centre d'une importante région touristique, commerciale, scientifique, artistique et... sportive, entre Liège et Huy, proche de Bierset et de Tihange, d'un accès facile, Hermalle-sous-Huy, l'un des quatre villages de l'entité d'Engis, protège son calme champêtre tout en offrant nombre de services, détaillés dans notre page Commerces.

Au cœur du village ancien, d'élégantes demeures des XVIIe et XVIIIe siècles - dont la maison natale du maître maçon Jean-Gille Jacob, ornée de peintures uniques en Europe représentant les métiers de la construction - forment un site architectural remarquable avec le château ceint de douves et sa ferme monumentale visitable.

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Façade ouest du château, XVIIe s.
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Tour du XIIe s. & Ferme castrale
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Façade nord de la Ferme castrale
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Façade sud de la Ferme castrale

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Maison de la Héna, 1641.

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Cense Cassal, 1610. 

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Ancienne maison vicariale, 1676.

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Ancienne Ferme Dacosse, 1630.

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Ancien relais de poste, XVIIIe s.

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Maison natale de J.-Gilles Jacob.

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Ancienne Maison Sacré, XVIIIe s.

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Anciennes écoles, XIXe s.


À Hermalle-sous-Huy : la Ferme castrale

Ses bâtiments disposés en carré, autour d'une cour pavée et fleurie où les enfants peuvent jouer en toute sécurité, datent principalement des XVIIe et XVIIIe siècles.

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La Ferme castrale dessinée par Daniel Baise. Vue du sud.

On y accède aujourd’hui par une porte cintrée et armoriée, à côté de la tour cornière, en façade sud, et on découvre d'abord une terrasse verdoyante, ensuite une des plus belles granges "en large" de la province de Liège, avec une charpente qui culmine à 17 m.  On y engrangeait... jusqu'au sommet !
Après avoir servi de salle d'exposition, de concert, de théâtre, elle est actuellement occupée par un marché de livres d'occasion.

Sous les deux étages de la grange, on admire deux salles couvertes de voûtes sur croisées de berceaux et doubleaux retombant sur des piliers carrés, chanfreinés, à chapiteau creusé en cavet.
C'est là que se trouve le Musée de la Gourmandise et que l'on monte des expositions temporaires, notamment d'art contemporain.

L'aile est, partiellement rénovée et où se trouve le Musée Postes restantes, a été doublée en largeur au début du XIXe siècle.
Elle englobe un petit cimetière où fut élevée, au XXe siècle, une grotte de Lourdes garnie d'ex-votos qui témoignent encore de la ferveur populaire.

L'aile ouest est en attente de rénovation.

Le corps de logis – en façade nord –, est marqué d'une tour-porche jadis défendue par un pont-levis qui a constitué pendant longtemps le principal accès au château.
Cette tour présente un portail cintré surmonté d'une bretèche ornée d'un cartouche millésimé 1642.

Cette Ferme Castrale accueille depuis 1993 notre syndicat d'initiative qui y gère une riche Bibliothèque, deux musées uniques en leur genre, et une taverne où l'on réalise des recettes des siècles passés.

  • Des expositions, des manifestations temporaires de qualité,
  • l'intérêt que présentent les 2 musées et la bibliothèque,
  • des guides compétents et bilingues,
  • le marché de livres d'occasion et la brocante Les chineurs gourmands,
  • l'accès aux personnes handicapées,
  • l'acceptation des tickets Article 27
  • le feu ouvert, une terrasse verdoyante avec jet d’eau,
  • une restauration selon des recettes anciennes et régionales,
  • une barre d’attache pour les chevaux des cavaliers et un horse-bar (en façade nord),
  • l’accueil de visiteurs accompagnés de chiens et le Toutou-bar,
  • les possibilités de parking,
  • et surtout un accueil typiquement wallon

... font de cet endroit un but d'excursion idéal.



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Tour des Flamands
entrée publique côté sud
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Terrasse
de la taverne
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Grange monumentale
17 m de haut...
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Marché hebdomadaire
de livres d'occasion

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Salle voûtée et objets du
Musée de la gourmandise

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Musée Postes restantes
(objets de poste et écriture)

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Cour intérieure
accessible au public

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Tour-porche 1642
façade nord

La Ferme castrale est accessible au public les samedis (14-19:00) et dimanches (11-19:00) ; les automobilistes garent leur véhicule sur la place des Combattants, contigüe, et les cavaliers laissent leur monture dans la drève de la Ferme.

Chevaux à l'attache

La barre d'attache est le long de la façade nord de la Ferme.

En semaine, le bâtiment est ouvert sur rendez-vous pour les groupes.  
Les personnes handicapées y sont les bienvenues ; elles trouveront une information plus complète ici.

Vous faites partie d'une association, vous dirigez un groupement, l'organisation d'une excursion vous intéresse ?
Visitez ce site internet.

Vous désirez combiner une visite à Hermalle avec une balade ?  Voyez notre page Loisirs.

Par ailleurs, la Ferme castrale est l'un des 13 sites patrimoniaux mis en valeur dans la région Hesbaye-Meuse par des dessinateurs de bande dessinée.

Reproduction du dessin décrit ci-dessous

Un panneau installé dans l'angle de la tour cornière, chaussée Freddy Terwagne, 132a, présente l'oeuvre de Jean-Luc Delvaux représentant l'entrée nord de la ferme, la tour du XIIe siècle du château et la façade est de celui-ci, agrémentée de personnages des années 1920 : paysans avec leur charrette de foin et nobles avec leur voiture automobile conduite par un chauffeur en uniforme. Sans aller jusqu'à parler de retour aux sources, il est amusant de noter que Jean-Luc Delvaux, né à Engis en 1970, a vécu à Hermalle, pas très loin de la ferme et que sa parentèle y demeure toujours. Cet artiste est connu pour ses illustrations de voitures, ses ambiances policières et ses albums Le Marquis et Les Aventures de Jacques Gipar.

Les douze autres lieux du circuit  Patrimoine de Hesbaye-Meuse dans l'imaginaire de la BD permettent la découverte de dessins de Didier Courtois et Marc Renier à Amay, Henri Defresne à Berloz, Marco Venanzi à Haneffe, Stibane à Saives, Pierrephi à Hollogne-sur-Geer, Didier Chardez à Otrange, Michel Pierret à Lamine, Hachel à Saint-Georges-sur-Meuse, Stéphane Dizier à Chapon-Seraing, Georges Van Linthout à Villers-le-Bouillet, Francis Carin et David Caryn à Waremme.  Plus d'infos sur la page du circuitretour au sommaire

Dans l'entité engissoise

schéma localisant les villages dans l’entité

Depuis le 1er janvier 1977, date d'application de la fusion des communes, les quatre villages de Clermont-sous-Huy, Éhein, Engis et Hermalle-sous-Huy sont devenus les sections de la commune d'Engis. Celle-ci présente de ce fait un caractère très diversifié, allant du paysage champêtre à l'industriel en passant par des lieux importants pour les biospéologues et d'autres qui charment les historiens et amateurs du patrimoine.  Passons cela en revue :

Clermont-sous-Huy


Petit historique :

Les fouilles menées par les Chercheurs de Wallonie et le Cercle archéologique Hesbaye-Meuse attestent de la présence d’une villa gallo-romaine du Ier siècle sur le plateau (au fond d'Avry), d’une habitation romaine et d’un four à chaux qui a cessé d’être utilisé à la fin du IIIe s. dans la vallée (près d’Éhein).  La villa d'Avry, d'abord édifiée en bois, fut reconstruite en pierre après l'incendie qui la détruisit à la fin du Ier ou au début du IIe siècle. Ce bâtiment d'une longueur de plus de 100 m fut doté d'une galerie et d'une installation de bains constitué de pièces étroitement imbriquées les unes dans les autres.

Les deux premiers seigneurs de Clermont furent Lambert, comte de Clermont et de Montaigu mort sans descendance, puis son beau-frère Gislebert de Duras, comte de Clermont, qui accompagna Godefroid de Bouillon dans la croisade de 1096, cinq ans après avoir donné par charte une partie de sa fortune à l'abbaye de Cluny dont les moines vont construire l'église romane de Saint-Symphorien, dite église Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Séverin-en-Condroz.

Le château des comtes étant bâti sur l'éperon rocheux d'Engihoul qui va ultérieurement appartenir à la commune d'Éhein,
et les comtes ayant coutume de brigandage et de rapines, le prince-évêque Otbert assiège leur forteresse en 1095, à la demande des bateliers ; il l'achète pour une forte somme, deux ans plus tard tout en laissant son administration à la famille de Clermont qui devient sa vassale.
Vers 1190, Gilles de Clermont fonde le Val Saint-Lambert par donation de terres, bois et eau navigable aux religieuses de Signy pour y fonder une abbaye. La famille s’éteint au XIIe s.

Le château est attaqué et brûlé par les Hutois en 1300. Quarante-quatre ans plus tard, le prince-évêque Adolphe de la Marck y décède - d'aliénation mentale et couvert de dettes, dit-on. Son successeur, Englebert III de la Marck, en lutte contre les milices des villes liégeoises et hutoises, perd la bataille de Vottem le 19 juillet 1346 ; dans la foulée, les vainqueurs, sous le commandement du chevalier Bartole de Baré (ou Berthold Baré de Voroux, selon les auteurs), consul de Liège, prennent, incendient et détruisent en septembre suivant le château de Clermont ; ses ruines sont recouvertes de terre, dit-on aussi, mais l'érudit et ancien bourgmestre de liège Hilarion Noël de Villenfagne d'Engihoul affirme, en 1808 que « Ce château dont il n'existe plus aujourd'hui que des décombres, avoit été bâti sur un monticule, environné d'un côté de hautes montagnes, garnies de bois, & de l'autre côté, ayant à ses pieds les belles vues du rivage de la Meuse » et Barthélemi Del Vaux, dans son Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège écrit, en 1835, qu'on voit « à Clermont, entre Hermalle et Ingihoul, les ruines de l'ancien château-fort, situé à 1,8 de l. de la Meuse ». Les ruines ont été retrouvées à l’été 1975 par les Chercheurs de Wallonie puis auraient disparu dans l’extension des carrières toutes proches.

Les terres de Clermont passent de mains en mains jusqu’à l’annexion de la Principauté de Liège par la France en 1795. Les Français tentent un recensement, délimitent le territoire communal par procès-verbal et bornes.  Clermont compte alors moins de 400 habitants ; une fusion est envisagée avec Éhein, Neuville ou Hermalle… ; elle n'intervient qu'en 1977 lors de la création de l’entité engissoise formée de Clermont, Éhein-Bas, Hermalle et Engis.
Le dernier bourgmestre a été Émile Visart de Bocarmé (deux mandats, de 1964 à 1976).

Le nord de Clermont présente un relief marqué et relativement complexe dont les versants accusent des pentes de ± 50 % qui rend leur exploitation difficilement exploitables.  C'est là que sont fondées en 1850 les
Poudreries belges de Clermont qui deviennent ensuite les Poudreries réunies de Belgique (PRB) ; après la faillite de cette société en 1989, une partie des activités est reprises par la française SNPE qui constitue la PB Clermont.  Celle-ci produit des poudres pour l'industrie des munitions de petits et moyens calibres.

Cette zone du village est peu intéressante pour les touristes (hormis les cyclistes amateurs de belles côtes… et de belles descentes ! - voir la page Loisirs) mais le tracé sinueux de ses routes a été utilisé par les 12 heures de Huy, rallye automobile annuel qui s'est déroulé de 1954 à 1969, précurseur du Rallye du Condroz qui a démarré en 1974 et lors de la dernière étape du Tour de Belgique cycliste 2012.


Qu'il est bon de flâner à Clermont !  Partie en voiture, partie à pied, selon votre choix.

carte avec repérage des lieux numérotés

1. Centre de Hermalle - 2. épingle à cheveu d'Engihoul – 3. Attine – 4. La Croix – 5. Les Granges
6. Sainte-Barbe – 7. Halledet8. Magnery9. Aux-Houx – 10. Fontaines – 11. Nissart – 12. Prés – 13. Vignette – 14. Fouyet.


Issu d'une seigneurie médiévale dont le château, détruit par les Hutois en 1346 n'a jamais été reconstruit, le village est constitué de nombreux hameaux assez éloignés les uns des autres, formant une sorte de croissant dont les deux pointes touchent la Meuse.

Du centre de Hermalle (1), par la chaussée Freddy Terwagne qui constitue l'ancienne route Liège-Huy, vous vous dirigez vers le rocher d’Engihoul (2) et gravissez la côte vers Attine (3) où l’ancien château du XVIIIe s. est devenu un centre équestre de réputation mondiale.

Au carrefour de La Croix, le seul poteau indicateur à bras en fonte subsistant dans l’entité engissoise vous dirige vers Les Granges (5) et le Fagnet (d'om vous pouvez atteindre par le rue de la Poudreri ce qu'on appelle « le château », un immeuble imposant de la fin du XIXe siècle, sur terrasse, avec tour, et garni de créneaux), ou vers Sainte-Barbe (6) et ses deux fermes dont l’une présente deux chronogrammes (« DIeV soIt La garDe De Ce LIeV » et « Ie Change DonC MaIs poVr Vn bIen », soit 1713).

Vers la route du Condroz, on admire, depuis la cour de sa ferme, la haute tour d’escalier octogonale du superbe château de Halledet (7) ; ce manoir du XVIe s. a été agrandi et réaménagé en style néo-gothique au XIXe.

Le manoir de Magnery (8), de style classique, fut érigé à la fin XVIIIe s., au bord d’un étang, dans un beau parc paysager qui dissimule une petite chapelle, ancien lieu renommé de pèlerinage. 

photo de la façade  photo de la façade

Avant 1949 et dans les années 2000.  © Visart de Bocarmé.

Il est bien difficile de trouver des informations sur ce château car des incendies ont détruit les archives…  Voici ce que nous pouvons en dire, dans l’état actuel de nos connaissances.

Magnery est un lieu-dit, le nom d’une dépendance de Clermont (seigneurie attestée dès 1062).
Étymologiquement, cette appellation viendrait du latin magnus (grand) et rivus (ruisseau) – qui a donné ri en wallon – ou d’un anthroponyme gallo-romain ; cette hypothèse ne doit pas être négligée puisqu’il a existé une villa romaine du Ier au IIIe s. à moins de 2 km de là à vol d’abeille.

En cherchant l’existence d’un ou d’une « de Magnery », on trouve un Jean en 1600, une Jeanne en 1635, un Englebert en 1708, un curé Mathias en 1720, un Guillaume en 1777. Il y a aussi Pierre de Magnery élu, le 30 janvier 1694, 47e abbé du monastère du Val Saint-Lambert mais cet homme s’appelait Hubert de son nom de baptême et provenait de Tillesse en Condroz… Nous n’avons pas trouvé mention d’un « seigneur de Magnery ».

Le château actuel a été construit dans les années 1770 par la famille de Moffart à un endroit où existait déjà une construction aujourd'hui totalement disparue. Il semble qu’il se situait alors le long d'un chemin qui reliait Nandrin à la vallée et qui n'aurait pas eu le même tracé que la route actuelle.

Le Dictionnaire géographique de la province de Liège de Del Vaux indique qu’en 1835 Magnery ne compte que deux maisons et un château « construit à la moderne, et agréablement situé » ; le même auteur précise, six ans plus tard, que le manoir appartient au baron de Moffarts-Rosen.
C’est là qu’est célébré, le 25 août 1863, le mariage de Louis André Richard Émile, comte de Hemricourt, et de Françoise Valérie de Moffarts.

Le manoir n'a jamais été vendu ; il a été transmis par héritage. Après l’incendie survenu durant la Seconde guerre mondiale, il a été restauré en 1949 par Émile Visart de Bocarmé qui fut bourgmestre de Clermont-sous-Huy durant deux mandats (1964-1976).

On accède au bâtiment actuel par une allée encadrée de piliers surmontés d’une pomme de pin, qui s’engage dans le parc avant de contourner le grand étang que ceinture un chemin de promenade et dans lequel se mire l’élégant château en calcaire et briques peintes en blanc, de style classique. La façade principale, orientée au nord-ouest, présente deux niveaux de dix travées, les quatre centrales étant surmontées d’un demi niveau en attique percé de quatre baies et d’un fronton triangulaire orné de moulures qui date de la rénovation du XXe s. (la façade initiale comportait 3 niveaux sur toute sa largeur). La toiture est une bâtière d’ardoises à croupes.
Le manoir se prolonge d’une ancienne ferme en quadrilatère fortement remaniée auquel il est relié par une annexe.
Isolé, un chartil ouvert à deux entrées, qui servait à remiser charrettes et charrues, complète le bâti donnant sur un jardin précédé de deux piliers.

Le parc, de type paysager, qui couvrait à la fin du XIXe s., toute l’aire située entre le chemin de Falogne et celui des Houssales, est de 10 ha ; on y trouve un grand massif composé de frênes, noyers, hêtres verts, d’un chêne fastigié et d’un sycomore au feuillage panaché.  L’étang, de forme libre, comporte une ile [1] avec saule pleureur et un bras d’eau qui passe sous un petit pont arqué au garde-corps décoré de rosace, volutes et croisillons.

Le long d’un chemin qui était jadis utilisé par les Clermontois et Saint-Séverinois voulant se rendre dans l'un ou l'autre de ces villages, le parc dissimule une petite chapelle, ancien lieu renommé de pèlerinage, encore utilisée de nos jours (quoique moins) par les habitants de Saint-Séverin ou de Clermont.  La chapelle a été tant bien que mal rénovée par des scouts au début des années 2000.

Ce site privé appartient à la famille Visart de Bocarmé qui a très aimablement répondu à nos questions.

photo de l'autel

Autel de la chapelle avant rénovation. © J.-M. Willems.


Au centre du village dit Aux-Houx (9) se trouvent de jolies maisons et fermes, l’école communale et l’église paroissiale Sainte-Barbe dont l’entrée et le chœur ont changé trois fois de place en 78 ans suite aux agrandissements successifs.
 
Vous redescendez vers les Fontaines dont l’eau de source obtint le 2e prix à l’Exposition universelle de Liège en 1905 (à quelques points de l'eau de Spa), et par les lacets serrés du Wérihet, vous rejoignez, au bas de la Nissart, le début de la route de Yernée où se trouvent la Ferme aux Prés (12) dont les murs flanqués de contreforts datent de 1609, la Vignette (13) où l’on a sans doute jadis cultivé la vigne, ou le Fouyet (14) en bord de Meuse au pied du Thier d’Olne.  retour au sommaire

Éhein

Petit historique :

On trouve mention de différentes appellations au fil du temps :  1244 Enhiens ; 1250 Anhins ; 1381 Ahiens ; 1634 Ahin ou Ehin ; 1831 Ehen.  En wallon, c'est Èhin.
Le nom signifie « habitation d'Ago » (du germ. Haima = habitation + anthroponyme germanique Ago).

Au nord de la commune, en bordure de Meuse, le rocher d'Engihoul, truffé d'excavations, a été occupé sans doute depuis le paléolithique, certainement depuis le néolithique. En attestent les nombreux restes d'animaux et d'humains retrouvés depuis 1830 par les scientifiques.

Vue du Rocher à partir de la route en contrebas

Vue du rocher d'Engihoul à partir de la route du zoning industriel, en contrebas de la N 90 - © BMG

Il a accueilli, aux alentours de l'an Mil, une famille aristocratique précédemment installée au Thiers d'Olne de Hermalle-sous-Huy, peut-être à l'endroit où fut construit le château des Comtes de Clermont (qui fut détruit par les Hutois en 1346).

La seigneurie d'Éhein a appartenu à divers propriétaires qui avaient droit de haute, moyenne et basse juridiction. 
Sur le plan religieux et jusqu’en 1559, Éhein-bas a sans doute relevé de l'église paroissiale de Hermalle ; à cette date, une chapelle dépendant de la paroisse de Neuville-en-Condroz fut érigée et dédiée à Ste-Barbe ; en 1951 les habitants de Clermont-bas en ont fait ériger une autre sur le territoire d’Éhein qui jouxtait le leur. À l'époque contemporaine et jusqu’au 15 février 1748, son administration et celle d'Hermalle-sous-Huy ont été liées.

À la toute fin du XVIIIe s., l’érudit et ancien bourgmestre liégeois, le baron Noël Hilarion de Villenfagne, s'est retiré dans sa propriété d'Éhein, appelée le château d'Engihoul;
pour éditer quelques opuscules dont les trente exemplaires de son Histoire de Spa (1796) , il y a installé une imprimerie qui fut fermée par la police napoléonienne.

La commune tout en longueur, un peu comme la botte italienne à laquelle manquerait la pointe,  avec des dénivelés importants, a comporté peu d'habitants ; en 1835, elle en comptait 100 au total pour ses 5 hameaux, habitant 29 maisons de pierres et de briques, couvertes d'ardoises, tuiles ou paille. Ces gens vivaient principalement de l'agriculture et des bois ; il y avait aussi une tuilerie et un four à chaux.

Le 1er janvier 1977, par la loi de fusion des communes, Éhein a été partagée entre Engis, sous l'appellation Éhein-Bas, et la toute nouvelle commune de Neupré pour Éhein-Haut.


Le premier à découvrir et fouiller une grotte à Engihoul est le Belge Philippe-Charles Schmerling, en 1829-1830. L'accès n'est pas aisé, d'après sa description dans son œuvre majeure Recherches sur les ossemens découverts dans les cavernes de la province de Liége :

Il faut y marcher à reculons et se glisser couché sur le ventre, jusqu'à une longueur de trois mètres. On arrive dans une galerie longue de sept mètres, où on peut se tenir sur ses genoux.

Schmerling y trouve des os humains (mâchoire, vertèbre, phalanges, métacarpiens et métatarsiens, etc.) et animaux (os d'ours des cavernes, de ruminants, de blaireau, de glouton, de renard, d'oiseaux).  

L'éminent géologue Charles Lyell qui a rencontré Schmerling en 1830 et qui, malgré son septicisme sur la croyance du savant belge quant à la contemporanéité d'un homme ancien et des mammifères disparus de nos régions depuis des siècles, a cité les découvertes dans ses propres ouvrages, vient à Engihoul en 1860 pour fouiller la grotte lui-même.  Il explore en réalité une autre caverne, toute proche, en compagnie du professeur liégeois Constantin Malaise.  

schéma en coupe de la Grande caverne

Coupe longitudinale de la Grande Caverne d'Engihoul avec gisement en 5 d'Ursus speleus, fouillé par M. le professeur J. Fraipont.

A - Entrée orientale à la base de la muraille rocheuse du ravin d'Engihoul, à 13 m au-dessus de la Meuse. Le sol de ce passage a modifié
B - Entrée occidentale formée de deux couloirs dont l'un était fermé par le magasin à poudre de la carrière, en 1910.
C - Sommet de cheminée.
1 - Salle la plus basse (10 m plus bas que l'entrée), de 10 m L x 9 m l.
2 - Salle de la Lune de 8 m L x 3 m l. Son nom lui a été donné par M. Doudou en raison de l'effet lumineux donné par le sommet de la cheminée de la diaclase qui débouche au sommet du massif.
3 - Salle des Nutons, 4 m L x 3 m l, avec la Galerie des Stalactites, couloir ascendant vers l'ouest totalement obstrué par les concrétions.
4 - Salle du Cône, 14 m L x 3 m l, ainsi nommé par le cône régulier formé au plafond par la masse rocheuse.

5 - Grande salle, 20 m L x 18 m l x 3 à 4 m h, avec deux cheminées obliques à l'aplomb desquelles se trouvent la plus grande épaisseur de dépôts meubles contenant des ossements (probable charnier d'une soixantaine d'ours et d'une cinquantaine de sangliers, formé par la pénétration des eaux de surface qui ont périodiquement submergé les cavités souterraines).

dans E. Van den Broeck, E.-A. Martel et Ed. Rahir, Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique étudiées spécialement dans leurs rapports avec l'hydrologie des calcaires et avec la question des eaux potables, T. II Les calaires carbonifériens du bassin de Dinant et coup d'oeil sur le bassin de namur, H. Lamertin, Bruxelles, 1910
Auteur : Égoïté - œuvre tombée dans le domaine public.

D'autres savants vont encore fouiller cette « Grande caverne d'Engihoul » qui sera rebaptisée Grotte Lyell au XXe siècle et qui va révéler un patrimoine zoologique de grande importance : elle sert d'habitat à de petits animaux cavernicoles (qui ne pourraient vivre ailleurs que dans des cavernes), dont notamment l'unique coléoptère troglobie de Belgique, Tychobythinus belgicus découvert dans les années 1940, et le diploure Litocampa hubarti découvert en juin 1999 et  considéré comme unique au monde jusqu'en 2000.

Vue sur l'entrée maçonnée de la grotte de Rosée

Vue sur l'entrée protégée de la Grotte de Rosée - © BMG

Faisant partie du même réseau souterrain, la Grotte de Rosée est découverte par hasard en juillet 1906 : un tir de mine dans la carrière appartenant au Baron Jacques de Rosée met au jour une excavation qui commence à être explorée dès la mi-septembre par Ernest Doudou et A. Vandebosch. Leur étonnement n'a d'égal que leur émerveillement : ils y découvrent un salle d'une telle beauté qu'elle sera appelée le Palais de Cristal : la lumière révèle une « averse » d'une multitude de fins et longs tubes cristallins (5 mm de diamètre pour une longueur pouvant dépasser les 2 m), des stalagmites, des stalactites, des draperies, des centaines de concrétions diverses ayant poussé dans tous les sens, sortes de feuillages et de fleurs féériques.  L'exploration ultérieure de la caverne donne accès à d'autres salles, galeries, couloirs.
Des bancs schisteux imperméables empêchent la communication de la faune qui s'y trouve avec la microfaune d’autres massifs karstiques.

Le plan, légendé, montre l’étendue de la grotte, de la salle du Palais de Cristal à gauche jusqu’aux multiples petits couloirs explorés à l’époque au nord-est. Ossements roulés, limon, cailloux roulés, etc. sont indiqués par des abréviations et des petits dessins.

Coupe longitudinale de la Grotte de Rosée, telle que publiée dans E. Van den Broeck, E.-A. Martel et Ed. Rahir, Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique étudiées spécialement dans leurs rapports avec l'hydrologie des calcaires et avec la question des eaux potables, T. II Les calcaires carbonifériens du bassin de Dinant et coup d'œil sur le bassin de Namur, H. Lamertin, Bruxelles, 1910.
Auteur : Égoïté - œuvre tombée dans le domaine public.

La fragilité des concrétions et du biotope, l'intérêt de la conservation des grottes de Lyell et de Rosée font que celles-ci, classées patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis le 8 juillet 1977, ne sont accessibles qu’aux scientifiques. Elles appartiennent depuis 1999 à l'asbl Les Chercheurs de la Wallonie par cession de la SA Carneuse, qui était devenue propriétaire du terrain, pour le franc symbolique.  

Un film, Goutte de Rosée réalisé par le réalisateur belge Philippe Axell, peut être visionné, sur rendez-vous, au Centre de Recherches et de Documentation en Préhistoire de Ramioul et permet au public d’admirer ces splendeurs souterraines.

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Engis


Petit historique :

En 1829, le Dr. Philippe-Charles Schmerling découvre, en questionnant des enfants qui jouent avec des os, l'existence d'une grotte à Engis ; il la fouille, y trouve ossements animaux et humains, identifie les premiers comme ceux d'ours et de mammouths, les seconds comme ceux d'un fomme fossile. C'est la toute première découverte d'ossements d’une espèce humaine distincte de la nôtre : le Néandertalien ! qu'on appelle parfois l'Homme d'Engis, étant donné que le docteur a trouvé ces os avant qu'on n'en découvre dans la vallée de Néandertal.

Photographie du buste en bronze posé sur une grosse pierre brute

Buste de Schmerling aux Awirs.
Copie de l'oeuvre de Léon Mignon, à l'Académie des sciences, des lettres et des Beaux-Arts de Bruxelles -
© BMG


Légende et vérité se conjuguent ainsi depuis plus d'un siècle.  Rétablissons les faits dans leur exactitude :
X Schmerling découvre l'existence d'une grotte à Engis en questionnant des enfants qui jouent avec des os.
Les os furent en réalité trouvés par des ouvriers qui déblayaient la terre sur le flanc du rocher derrière le village de Chokier et montrés au médecin qui les identifia comme fossiles.  La curiosité l'amena à explorer la falaise et à découvrir la grotte de Chokier. Là nait une véritable passion qui l'entraine à explorer plus de 60 grottes (à Engis, Engihoul, Ramioul, Goffontaine, etc.). 
Cela se passe en 1829.
Schmerling trouve des ossements animaux et humains, identifie les premiers comme ceux d'ours et de mammouths, les seconds comme ceux d'un fomme fossile.
Il trouve effectivement des ossements et les identifie comme les restes d'animaux et d'humains ayant vécu à une même période. Il trouve également des os taillés et des silex façonnés.  
X Cela s'est passé à Engis.
Cela s'est passé dans des grottes des Awirs que Schmerling avait
atteintes par le plateau des Fagnes d'Engis et qu'il a appelé les « Grottes d'Engis ».  
Le site, situé à la limite entre lesAwirs et Engis, est aujourd'hui classé patrimoine exceptionnel de Wallonie sous l'appellation « Grottes Schmerling ».

schéma montrant l'emplacement du site par rapport à la limite des 2 communes.

Auteur : Égoïté - Sous licence Creative Commons Paternité.
C'est la toute première découverte d'ossements d’une espèce humaine distincte de la nôtre : le Néandertalien !
Il  a découvert deux crânes, l'un d'adulte (dit Engis 1) qui date de l'époque néolithique, l'autre d'enfant (nommé Engis 2) qui est bien le premier fossile trouvé au monde de l'espèce néandertalienne.
Dans le haut de la gravure est représenté le crâne Engis I de profil et de face ; Dans le bas, de gauche à droite, une incisive supérieure humaine de très grande taille, un fragment d’une mâchoire supérieure humaine, les os maxillaires d'un individu jeune (Engis 2) et un fragment d’une mâchoire inférieure humaine.

Planche I de Recherches sur les ossemens fossiles de Philippe-Charles Schmerling.
Le crâne de Engis 1 est représenté de profil et de face. La figure 5 (3e à partir de la gauche, en bas) représente l'os maxillaires de Engis 2
Auteur : Égoïté - Sous licence Creative Commons Paternité.
X On appelle parfois l'espèce humaine trouvée par Schmerling « l'Homme d'Engis », étant donné que le docteur a trouvé ces os avant qu'on n'en découvre dans la vallée de Néandertal.
Un professeur français, Jean Piveteau, a effectivement proposé que cette espère soit appelée 
« l'Homme d'Engis » puisque Schmerling en a été le premier découvreur, mais il y avait des dizaines d'années qu'on parlait de l'Homme de Néandertal et cette appellation-là reste très majoritairement utilisée. 

L'existence dans notre région de cet homme différent de l’homo sapiens ne va être admise par la communauté scientifique qu’1936, après une nouvelle étude du crâne Engis 2 par le professeur Charles Fraipont.
L’homme était donc présent à Engis pendant la dernière glaciation du Pléistocène, il y a quelque 70 000 ans.

La première mention écrite du nom de la commune apparait en 1034 : Ingeyes ; on trouve ensuite en 1050 Engeit et Ingeis, en 1100 Engy, 1232 Engeih, 1476 Engys-sur-Moeze.  Ce toponyme signifierait « aux prairies » (du germ. angjo) ou « alluvions » (anc. franc. engier = augmenter).  En wallon : Indji. 
La terre d’Engis est passée de mains en mains au gré des accords féodaux, des legs, des héritages jusqu’en 1476 où elle est partagée en deux parties qui, l’une et l’autre, vont connaître à leur tour legs, mises en gage, etc.

La découverte d'un sous-sol riche en charbon, alun et calcaire va permettre le développement de charbonnage, alunière et fours à chaux.

En 1795, comme toutes les communes de la région, Engis est soumise au régime administratif des occupants français : un conseil municipal élu par les habitants est mis en place; un maire le dirige. Malgré l'abolition des privilèges de l'Ancien Régime, malgré l'organisation d'élections, les nobles vont garder pendant encore plusieurs décennies une puissance réelle ; le premier bourgmestre belge d'Engis est toujours un noble : Charles Louis Marie, Baron de Potesta d'Engimont nommé en 1830, deux ans après la fondation de la Société Métallurgique d’Engis pour l’exploitation des gisements de zinc ; cette firme va devenir Prayon, un leader mondial de la chimie des phosphates.

En 1850, le chemin de fer facilite les transports de voyageurs et des produits de
La Nouvelle-Montagne (qui travaille le zinc, le plomb, les pyrites),  des carrières, des charbonnages, des fabriques d'engrais concentrés, d'acide sulfurique et de mèches de sûreté pour mines.

En décembre 1930, un brouillard toxique chargé de particules fines et de gaz émanant des usines de la région stagne 5 jours durant sur la vallée mosane, de Jemeppe-sur-Meuse à Huy. Engis est la plus atteinte : quatorze Engissois décèdent dans cette catastrophe qui a pour autre résultat l’établissement de la première étude scientifique au monde sur la mortalité et les maladies liées à la pollution de l'air.  Jadis l'une des communes les plus polluées de Belgique, Engis est aujourd'hui l'une des mieux surveillées avec le développement d’industries de type Seveso.

Le 1er janvier 1977, par la loi de fusion des communes, Engis devient le centre administratif de l'entité engissoise qui comprend, outre l'ancien de village de Engis, ceux de Clermont-sous-Huy, Éhein-Bas et Hermalle-sous-Huy. Elle est jumelée avec la ville française Ribécourt-Dreslincourt, dans l'Oise, le 22 septembre 1980.


Vieux village industriel ? Sans doute, mais où souffle le vent de la modernité !

carte avec repérage des lieux numérotés 

1. Parc des Tchafornis et fours à chaux – 2. chapelle des Kessales – 3. Maison communale – 4. Cimetière – 5. Église Saint-Pierre
6. Commissariat et musée minéralogique – 7. Gare – 8. Maison espagnole – 9. Maisons Prévot et habitations sociales – 10.Logis du XVIIIe
s.


La grotte Schmerling n’est pas accessible au public. On passe pourtant près de son entrée en parcourant la « balade Schmerling », qui relie Les Awirs au Parc des Tchafornis (1), situé entre la rue Nicolas Lhomme (ancienne rue Sous-les-Vignes, rebaptisée en hommage à un résistant et prisonnier politique décédé dans les camps nazis) et la rue Reine Astrid. 

Plus haut dans cette artère, la chapelle du Crucifix (ou des Kessales) (2) marque l’angle du Thier Ardent.  En continuant la montée, la 2e voie à droite (rue des Fagnes) offre, après deux tournants en épingle à cheveux, un beau panorama sur le château d'Aigremont et la vallée industrielle.

En revenant sur ses pas, on retrouve la rue Reine Astrid et, sur la droite, une belle école du XIXe s. devenue maison communale (3) ; près de l'entrée, une sculpture de l'Engissois Paul Vandersleyen, installée en décembre 2000, commémore le drame de 1930.
En face d'elle et longeant le chemin de fer, le cimetière (4) annonce en grand « TERE DI WALOM’REYE, NOS ESTANS CHAL PACE QUI NOS ESTIS LA » (Terre de Wallonie, nous sommes ici parce que nous étions là) ; dans un de ses murs se trouvent des pierres tombales des XVIe, XVIIe et XVIIIe s. ; il jouxte l’église paroissiale Saint-Pierre (5), de facture contemporaine et au carillon extérieur.  Cette église a remplacé en 1964 l'ancien édifice des XVIe et XVIIe s. qui possédait encore une tour romane ; des moellons de calcaire provenant de la démolition ont été utilisés, en 1969-1970, pour la construction d'une maison au 28, Vallée du Hoyoux à Barse.

Rue Vinâve, en bord de Meuse, le commissariat de police et le musée minéralogique Jean-Marie Souplet sont logés dans une belle construction des XVIIe et XVIIIe s. (6).

La rue de la station conduit à la gare (7) où les trains s'arrêtent encore mais dont le bâtiment du XIXe s. n'est plus propriété de la S.N.C.B. ; faisant l’objet d’une rénovation pour l’accueil de divers services au public, il est au centre d'un projet de revitalisation de ce quartier d'Engis.

Perpendiculaire à la rue de la station, la Maison espagnole datée 1587 dresse le pignon en gradins qui lui vaut son surnom ; rénovée en 2006, elle a été dotée d’une annexe de style contemporain.
Dans la rue Maréchal Foch qui lui fait face, on trouve deux maisons jumelles de l’architecte Prévot, d’inspiration Art nouveau, et un important alignement d’habitations sociales.

Un vent de modernité souffle sur la commune, mais on y trouve épars de nombreux bâtiments anciens dont un harmonieux logis du XVIIIe s. au 16 de la rue J. Wauters qui dispose d'un petit jardin clos, d'esprit romantique centré sur une jolie scène de rocaille.  retour au sommaire

Le parc des Tchafornis

Le parc possède deux entrées : l’une rue Nicolas Lhomme, l’autre rue Reine Astrid (à la hauteur de la « maison Mouton », siège de l’ALEm et de la Maison des Jeunes) où se trouve aussi l’un des accès de la Promenade Schmerling qui relie le site des Tchafornis à l’église des Awirs.

entrée de la rue Lhomme

Avec le parc des Tchafornis, Engis a le privilège de posséder l’un des quatre géosites de Belgique (les 3 autres étant à Comblain-au-Pont,  Hoegaarden et Vresse-sur-Semois) sur les 3 700 répertoriés au niveau mondial.

Le parcours d’un géosite vous permet de découvrir des éléments d'intérêt majeur dans l'histoire géologique de notre planète à savoir, ici, les changements climatiques et du niveau de la mer, une éruption volcanique, une crise écologique pendant laquelle de nombreuses espèces se sont éteintes, le développement et la mort d’un récif de corail ! 

Il y a plus de 500 millions d’années, notre région était en effet située… près du pôle sud et couverte d’eau ! 
Suite aux mouvements des plaques tectoniques, elle s’est déplacée progressivement vers le nord et a passé l’Équateur à l’époque dite du Carbonifère supérieur ; elle a donc connu des climats fort variés et les bouleversements de la croûte terrestre pendant lesquels se sont constitués les deux structures géologiques majeures de Belgique : les synclinoriums de Dinant et de Namur au contact desquels se trouve notre commune, ce qui lui donne une position unique.

Le sol d’Engis est composé de roches très anciennes (± 450 millions d’années) et d’autres plus récentes ; on y a creusé des carrières pour en extraire la pierre calcaire qui servait aux constructions et dont on fabriquait la chaux.
C’est le front vertical d’une carrière, situé au sommet du parc, qui montre les strates géologiques (jadis horizontales mais que le rapprochement puis le chevauchement des masses continentales a transformé en bancs obliques), et qui forme la très belle coupe d’un récif corallien à stromatopores (organismes proches des éponges) d’il y a un peu plus de 370 millions d’années, un site de nature exceptionnelle à l’échelle européenne, à lire de droite à gauche car entre les premiers bancs de droite et les derniers de gauche il s’est écoulé plusieurs centaines de millions d’années…

vue du front de carrière

Dans le bas du parc subsistent les vestiges des fours qui servaient à la fabrication de la chaux et dont le premier fut créé sur l’ordre du duc d’Arenberg en 1845.  C’est de ces petits chaufours, dits
tchafornis en wallon, que le parc tient son nom.

vue plongeante sur deux fours

La réhabilitation du site industriel des Tchafornis, devenu dépotoir au fil du temps, s’est faite avec l’aide de la Région wallonne à partir de 1993.

Les allées sinuant autour des bosquets vous permettent de découvrir différents aspects du paysage, de l’encaissement d’un chemin creux bordé de roches et d’arbustes aux larges pelouses, ombragées de beaux arbres, qui bordent le panorama de la cité, en passant par un petit cirque où sont dressés des blocs des différentes roches exploitées dans les carrières de la commune.
Des bancs et des panneaux didactiques passionnants, mis en place par l'Unité de Paléontologie de l'Université de Liège, vous invitent à apprécier davantage cet endroit remarquable qui accueille aussi deux fresques de graffeurs.

vue du petit cirque vue de la grande pelouse et de la fresque

Chaque premier weekend de juillet, le parc accueille le très apprécié festival des arts de la rue organisé par le Centre culturel d’Engis.



[1] Les articles de ce site sont rédigés dans l'orthographe recommandée depuis 1990. – retour au texte.



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